4 EXEMPLES DE JUMELAGE
Pendant la première année de mise en place du réseau UNI-VERS, des écoles du Centre de services de scolaire de la Région-de-Sherbrooke et des membres du personnel enseignant de la Faculté d’éducation ont été recrutés dans le but d’établir des collaborations pour enrichir la formation des étudiantes et étudiants en éducation et la rapprocher de milieux réels. Voici quelques exemples vécus au cours des années académiques 2024-2025 et 2025-2026.

Témoignage d’une étudiante :
Pendant la visite de l’école, j’avais des papillons dans le ventre en observant tous les outils offerts par cette école et l’importance que toute l’équipe accorde au travail d’équipe. La rencontre avec une enseignante de cette même école, la semaine suivante, m’a permis d’avoir plus informations quant à la manière d’enseigner et d’aborder certaines particularités en classe.
Marie-Pier Cardinal-Paquet
Témoignage d’une professeure de l’UdeS :
Grâce à cette collaboration unique, les personnes étudiantes de 3e année inscrites au BEPP dans mon cours ont eu le privilège de dialoguer avec des enseignantes passionnées de l’École primaire LaRocque, découvrant la réalité vivante et inspirante d’une école pluriethnique et multiculturelle où chaque défi semble nourrir l’engagement professionnel. Ces échanges authentiques ont permis un transfert direct de connaissances : approches pédagogiques concrètes, anecdotes touchantes et conseils précieux ont ancré la formation universitaire dans la pratique, éveillant une véritable appétence pour un enseignement du français qui respecte la diversité de toutes et de tous. Les conversations avec les personnes enseignantes à l’université dans le cadre du cours et la visite de l’école ont suscité motivation et reconnaissance, plusieurs étudiant·es vivant un « coup de cœur » pour ce milieu et choisissant de demander à y poursuivre leur parcours lors de leurs derniers stages.
Magali Forte
1. Le plurilinguisme à l’école primaire : un exemple à l’École LaRocque
À la session d’hiver 2025, dans le cadre du cours Français, langue de culture, en 3e année du baccalauréat en enseignement préscolaire et primaire, plusieurs étudiantes et étudiants se posaient des questions concernant le plurilinguisme dans certaines écoles primaires. En voici quelques exemples :
- Comment établir un lien avec un élève ne parlant pas du tout le français?
- Quelles ressources utilise-t-on pour s’aider à bien communiquer avec les élèves qui parlent une langue différente?
- Considérant que certains parents ne parlent pas le français, comment fait-on pour entrer en contact avec eux et les inclure dans la vie de la classe?
- Quelles pratiques éducatives ou pédagogiques adopte-t-on dans notre enseignement pour favoriser l’inclusion scolaire des élèves plurilingues?
- Comment fait-on pour valoriser la langue maternelle des élèves tout en priorisant l’apprentissage du français?
À partir de ces préoccupations, la professeure Magali Forte et la chargée de cours Marie-Daphné Létourneau ont fait appel au réseau UNI-VERS pour pouvoir entrer en contact avec une école primaire plurilingue. Marianne Dubé, directrice de l’École LaRocque, école qui accueille des enfants parlant une autre langue que le français, a été contactée pour planifier une visite de l’école. En mars, une quinzaine d’étudiantes et d’étudiants ont été accueillis par Madame Dubé et ont pu visiter cet établissement. Elles et ils ont pu prendre connaissance de différents aménagements mis en place et de certaines actions concertées pour accueillir les élèves plurilingues et favoriser ainsi leur bien-être.
La semaine suivante, deux enseignantes de cette école sont venues à la rencontre des groupes à la Faculté d’éducation pour échanger autour des questionnements des étudiantes et des étudiants. Ces rencontres ont permis de mettre en lumière certaines réalités liées au plurilinguisme en contexte scolaire. Les participants ont manifesté leur grande satisfaction d’avoir pu visiter une telle école et d’avoir bénéficié de témoignages d’enseignantes qui vivent cette réalité au quotidien.
2. Intégrer la littérature jeunesse au cœur du quotidien : l’École Notre-Dame-du-Rosaire
Dans le cadre du cours de littérature jeunesse en 4e année au baccalauréat en enseignement préscolaire et primaire, Joanie Viau, chargée de cours, a abordé plusieurs aspects de l’intégration de la littérature jeunesse en classe. Après avoir présenté des dispositifs comme les cercles de lecture, les cercles de lecteurs, la lecture interactive, la lecture en duo, elle a présenté le rôle important dans le développement du plaisir de lire des coins lecture qui se doivent d’être attrayants et chaleureux. L’idée d’aller visiter une école qui fait de la littérature jeunesse une priorité est devenue un incontournable. Brigitte Leclerc, directrice de l’École Notre-Dame-du-Rosaire a accueilli un groupe d’étudiantes et d’étudiants pour leur faire visiter différentes classes qui reflètent l’importance accordée à la littérature jeunesse à cette école. Cette visite leur a permis de découvrir des exemples concrets et différents moyens pour les mettre en place. À la fin de la session, un enseignant de cette école a rencontré le groupe à la Faculté pour présenter un projet de littérature jeunesse à partir de contes et de légendes. En plus de prendre connaissance d’une diversité d’œuvres de ce genre littéraire, les étudiantes et les étudiants ont eu accès à la démarche complète du projet vécu par cet enseignant et ses élèves.

Visiter une école qui fait de la littérature jeunesse une priorité et rencontrer un enseignant engagé a permis de mettre en lumière que la littérature jeunesse peut concrètement devenir un des piliers de l’enseignement au primaire pour non seulement développer la compétence à lire, mais aussi susciter l’engagement et la motivation des élèves en leur donnant le gout de lire.
Témoignage d’une enseignante en science et technologie au secondaire :
Au départ, je craignais n’avoir rien à apprendre aux plus jeunes en ce qui concerne le numérique, mais j’ai constaté qu’ils ne connaissaient pas tout le potentiel des outils que j’utilise au quotidien. J’ai beaucoup apprécié l’échange avec les étudiantes et les étudiants, ils étaient intéressés et curieux.
Anne-Marie Bombardier
3. S’organiser pour gérer efficacement ses groupes au secondaire : les stratégies d’une enseignante en science et technologie
Dans le cadre du cours Culture numérique, enseignement et apprentissage en 1re année au baccalauréat en enseignement au secondaire, plusieurs étudiantes et étudiants se demandaient comment le numérique peut faciliter la gestion des nombreux groupes au secondaire. Il est bien connu qu’enseigner au secondaire, c’est gérer au quotidien plus d’une centaine d’élèves. Le chargé de cours, Charles Bourgeois, a souhaité donner des exemples concrets pour faciliter cette gestion. L’École secondaire de la Montée a été contactée pour recruter un enseignant ou une enseignante qui recourait au numérique dans cette optique.
C’est Anne-Marie Bombardier, enseignante en sciences et technologie, qui est venue partager ses bons coups numériques de « terrain » avec le groupe lors d’un cours. Les étudiantes et les étudiantes ont donc eu accès, de façon très concrète et personnelle, à plusieurs applications qui peuvent combler ce besoin, et ce, dans toutes les disciplines. Ils ont été nombreux à poser des questions et à profiter de l’expérience de l’enseignante. Cette rencontre a permis de prendre conscience qu’avec un peu d’astuce et de curiosité, le numérique peut vraiment contribuer à développer une gestion efficace des groupes d’élèves aussi bien dans la planification des cours que dans l’organisation des travaux et autres.

4. Des ateliers d’écriture au secondaire
Le 16 octobre 2025, Isabelle Denis, enseignante au secondaire, est venue partager ses pratiques d’enseignement et d’évaluation de l’écriture dans le cours Didactique du français IV : écriture et grammaire donné en 4e année du Baccalauréat en enseignement au secondaire. Dans son partage, elle a présenté un module sur le récit policier qu’elle a créé dans le cadre de sa planification des ateliers d’écriture. En plus de nous montrer comment elle articulait écriture et grammaire dans des contextes les plus authentiques possibles, elle a expliqué aux personnes étudiantes comment elle rendait l’évaluation de l’écriture au service de la relation éducative qu’elle entretient avec ses élèves. Grâce à l’expertise et au professionnalisme d’Isabelle, des liens pratiques ont été établis avec les contenus plus théoriques du cours. Ainsi, la conférence a concrétisé plusieurs apprentissages et a aussi démontré qu’il était possible d’enseigner et d’évaluer l’écriture autrement… même au secondaire!
Témoignage de Stéphanie Laurence chargée de cours :
La conférence a été très appréciée des personnes étudiantes qui ont d’ailleurs mentionné qu’elles auraient aimé avoir ce lien privilégié avec une personne enseignante dans chacun de leurs cours de didactique. Cette expérience sera assurément à répéter dans les prochaines années et c’est un privilège de pouvoir compter sur le soutien du projet UNI-VERS afin de concrétiser ces moments d’échanges entre les milieux scolaire et universitaire.
En somme…

Les personnes étudiantes en enseignement vivent des activités de formation pratique directement en présence d’élèves du préscolaire, du primaire et du secondaire, en lien direct avec des cours universitaires donnés par des spécialistes universitaires qui travailleront en collaboration avec des enseignantes et enseignants du terrain dans le cadre des équipes de codéveloppement interprofessionnel. Les activités universitaires ainsi proposées sont directement liées à la pratique enseignante dans les écoles.
Les personnes étudiantes peuvent, outre les stages de formation plus formels, découvrir différents milieux scolaires et de nombreuses façons de faire apprendre. Elles multiplient les points de vue par des observations et des interventions authentiques, remises en question par l’apport de réflexions pédagogiques, didactiques et disciplinaires dans les cours. En connaissant mieux certains milieux de pratique et en se faisant connaitre de ces milieux, des initiatives étudiantes pourront voir le jour.
Il s’agit d’offrir, le plus fréquemment possible, des activités de formation pratique plus ou moins formelles qui permettent de vivre des expériences immersives, progressives et contrôlées, en contexte authentique de travail.
De plus, il s’agit d’une occasion pour le personnel enseignant des écoles concernées d’avoir un accès privilégié aux formatrices et formateurs universitaires afin de leur soumettre des problématiques bien réelles et de collaborer pour trouver des pistes de solutions avec les personnes étudiantes.

Pour les écoles participantes, les équipes d’enseignantes et enseignants devraient voir des retombées sur leurs élèves directement, par l’intégration de pratiques appuyées par la recherche sur une base plus fréquente et par la présence accrue dans leur milieu de personnes disposées à faire apprendre les élèves.
